Photographie de grossesse, de maternité, de famille et de portrait Annecy · Genève · Savoie LGBTQIA+ safe place Pour toutes les familles, tous les corps,
toutes les identités

Regard · N° 2 · Automne 2026

Je ne demande pas de sourire. Je regarde.

Sourire pour la photo. Sourire pour dire bonjour. Sourire pour faire plaisir, parce qu’ils sont « tellement plus mignons quand ils sourient ». On demande tout le temps aux enfants de sourire.

Une famille assise dans un champ de blé : un père, une mère et leurs deux enfants, dont un bébé

Pourtant, comme nous, les enfants ont toute une palette d’émotions. Ils peuvent être fatigués, boudeurs, concentrés, timides, excités, dans la lune. Ils peuvent même ne pas avoir envie d’être photographiés. Et c’est ok.

Un père debout dans l’eau d’une rivière tient la main de sa petite fille qui lève les bras
Dans un jardin, une mère allaite son bébé, un père près d’elle et un jeune enfant debout à côté, devant une caravane

Qu’est-ce qu’on cherche vraiment, quand on demande un sourire ? Une trace de sa joie, ou la preuve que tout va bien ? Et que comprend l’enfant : qu’on l’accueille seulement quand il sourit, ou aussi quand il boude ?

Pendant mes séances, je ne demande pas aux enfants de sourire pour obtenir une belle photo. Je ne veux pas seulement photographier leur joie : je veux photographier leur présence. Un regard, une moue, une grimace, une main qui joue, un moment d’observation, un éclat de rire qui arrive sans qu’on l’ait demandé. N’est-ce pas plus intéressant ?

Gros plan sur les mains d’une petite fille et d’une femme qui se tiennent
Un petit garçon et un grand chien blanc qui se regardent, en noir et blanc
Deux jeunes enfants installés sur des chaises longues vertes, dans un jardin sous un saule

Je préfère mille fois un sourire qui échappe à un sourire obtenu sur commande.

Une mère assise sur un canapé allaite son bébé, tandis que son autre enfant s’affale sur ses genoux

Derrière le sourire, il y a une question plus large : ce qu’on demande aux enfants de montrer, ou de cacher, de ce qu’ils ressentent. « Ne pleure pas. » « Ce n’est pas grave. » « Arrête de bouder. » Ces phrases viennent souvent d’un bon sentiment, celui de les consoler ou de les protéger. Mais que retiennent-ils : que leurs émotions dérangent, ou qu’elles ont leur place ?

Un jeune enfant au milieu de marguerites, la main posée sur les fleurs

On peut apprendre aux enfants à être polis, attentifs et respectueux des autres sans leur apprendre à jouer une émotion pour nous.

Une femme enceinte tient son bébé contre elle dans un champ de blé

Alors oui, parfois, sur mes photos, tes enfants ne souriront pas. Ils seront quand même magnifiques, parce qu’ils seront eux.

Un père embrasse sa petite fille au bord d’une rivière

Les numéros précédents

Parlons de ta séance.

Raconte-moi où tu en es, ce que tu aimerais garder : une tranche de ton quotidien ou plutôt un moment dans la nature. On construit la séance à partir de là.

M’écrire