
N° 1 · Été 2026
Regard · N° 2 · Automne 2026
Sourire pour la photo. Sourire pour dire bonjour. Sourire pour faire plaisir, parce qu’ils sont « tellement plus mignons quand ils sourient ». On demande tout le temps aux enfants de sourire.

Pourtant, comme nous, les enfants ont toute une palette d’émotions. Ils peuvent être fatigués, boudeurs, concentrés, timides, excités, dans la lune. Ils peuvent même ne pas avoir envie d’être photographiés. Et c’est ok.


Qu’est-ce qu’on cherche vraiment, quand on demande un sourire ? Une trace de sa joie, ou la preuve que tout va bien ? Et que comprend l’enfant : qu’on l’accueille seulement quand il sourit, ou aussi quand il boude ?
Pendant mes séances, je ne demande pas aux enfants de sourire pour obtenir une belle photo. Je ne veux pas seulement photographier leur joie : je veux photographier leur présence. Un regard, une moue, une grimace, une main qui joue, un moment d’observation, un éclat de rire qui arrive sans qu’on l’ait demandé. N’est-ce pas plus intéressant ?



Je préfère mille fois un sourire qui échappe à un sourire obtenu sur commande.

Derrière le sourire, il y a une question plus large : ce qu’on demande aux enfants de montrer, ou de cacher, de ce qu’ils ressentent. « Ne pleure pas. » « Ce n’est pas grave. » « Arrête de bouder. » Ces phrases viennent souvent d’un bon sentiment, celui de les consoler ou de les protéger. Mais que retiennent-ils : que leurs émotions dérangent, ou qu’elles ont leur place ?

On peut apprendre aux enfants à être polis, attentifs et respectueux des autres sans leur apprendre à jouer une émotion pour nous.

Alors oui, parfois, sur mes photos, tes enfants ne souriront pas. Ils seront quand même magnifiques, parce qu’ils seront eux.

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Raconte-moi où tu en es, ce que tu aimerais garder : une tranche de ton quotidien ou plutôt un moment dans la nature. On construit la séance à partir de là.
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